Traitement par érosion-infiltration

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Le traitement par érosion-infiltration (ICON®) est un traitement assez récent permettant de traiter les tâches de l’émail.
C’est un traitement extrêmement conservateur et respectueux des tissus dentaires. Il permet en effet de limiter l’utilisation des instruments classiques qui peuvent parfois être agressifs pour les tissus sains lorsque la zone d’émail touchée est peu profonde et/ou peu étendue.

Les causes possibles des tâches de l’émail

Les tâches de l’émail peuvent avoir plusieurs origines. Nous pouvons ici citer les plus fréquentes telles que :
– les tâches liées à une MIH (Molar Incisor Hypomineralization) ;
– les tâches blanches liées à une fluorose ;
– les leucomes précarieux ou white spots (= caries très débutantes) ;
– les tâches comme séquelles traumatiques.

La couleur de ces tâches va du blanc duveteux/neigeux au brun orangé en passant par le blanc crayeux.
Ces tâches n’entraînent généralement pas de douleurs (excepté éventuellement celles liées à des leucomes précarieux) mais elles peuvent être dérangeantes esthétiquement pour les patients qui sont concernés, notamment lorsqu’elles se situent au niveau des dents du sourire.

Le traitement par érosion-infiltration, parfois associé à un éclaircissement préalable, permet de faire disparaître ces défauts de l’émail tout en respectant les tissus dentaires environnants.

Protocole clinique

Après avoir posé le diagnostic étiologique de la tâche, nous prenons plusieurs photographies afin d’une part, d’avoir le souvenir de la situation de départ, et d’autre part, de déterminer la couleur de l’émail sain.

La ou les dents concernées sont ensuite isolées du reste de la cavité buccale à l’aide d’un champ opératoire, également appelé digue. Une très légère anesthésie locale peut éventuellement être nécessaire si la mise en place de la digue est sensible. Ce champ opératoire permet de réaliser le traitement à l’abri de la salive, de l’humidité ambiante de la cavité buccale, et des bactéries. Il permet également de protéger le patient de tout risque d’ingestion des produits utilisés.

La phase érosive peut alors débuter, avec l’application d’un acide sur la tâche, par frottements, qui va permettre de dissoudre la couche la plus superficielle de l’émail défectueux.

S’ensuit une phase d’asséchage de l’émail, permise par le dépôt de quelques gouttes d’éthanol sur la tâche. Si la tâche est encore visible, c’est que la dissolution de l’émail superficiel est incomplète. Le renouvellement de la phase érosive peut être réalisé. En effet, selon la profondeur de la tâche, une deuxième application peut s’avérer nécessaire.
Au contraire, si la tâche disparaît lors de cette phase d’asséchage, c’est que le processus d’érosion est suffisant et que la troisième phase peut être débutée.

La troisième phase est la phase d’infiltration de résine, qui va pénétrer l’émail. La première couche de résine est appliquée par frottements pour s’infiltrer par capillarité au coeur de l’émail, puis elle est photopolymérisée. Une deuxième application de résine infiltrante est la plupart du temps nécessaire afin de s’assurer que toutes les zones d’émail concernées par la tâche soient bien infiltrées. Cette deuxième couche de résine est également photpolymérisée.
La résine infiltrante a un indice de réfraction de la lumière quasiment identique à celui d’un émail sain. C’est ce procédé optique qui va permettre de rendre la tâche invisible.

Pour terminer le traitement, un polissage mécanique minutieux de la résine est nécessaire. Il permet de recréer des reliefs et donner le brillant à la résine, ce qui permettra un rendu le plus naturel possible.
Selon la profondeur initiale de la tâche et la présence d’une éventuelle concavité, une résine légèrement plus épaisse peut être appliquée pour redonner un bombé naturel à la dent.
Des photographies sont de nouveau réalisées afin d’analyser le résultat obtenu, et de procéder, si nécessaire, à quelques retouches de polissage.

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